un habitant de l'Eure veut réformer le participe passé

Dernière mise à jour : 10/11/2014 à 17:11

Orthographe : un habitant de l'Eure veut réformer le participe passé

 

Et si l'on n'accordait plus le participe passé après l'auxiliaire avoir ? Pour simplifier l'orthographe, un linguiste eurois propose une réforme des règles françaises. Explications

Le linguiste eurois Claude Gruaz milite pour une réforme du participe passé (photo : Flickr/cc/ romana klee).

« Les musiciens que j’ai entendus jouer » : « u » ou « us»  ? « Elle s’est absentée » : « é » ou « ée » ? Vous aussi, vous avez tendance à réfléchir à deux fois avant d’accorder le participe passé ? Vos doutes pourraient bientôt être dissipés. Parce que l’orthographe française est particulièrement complexe et de moins en moins maîtrisée, certains linguistes et experts militent pour une simplification des règles en vigueur.

« Ces modifications sont possibles »

C’est notamment le cas de Claude Gruaz, linguiste de l’Eure et ancien directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), également président de l’association Erofa (Études pour une rationalisation de l’orthographe française d’aujourd’hui). Auteur de nombreux travaux visant à simplifier l’orthographe française depuis des années, Claude Gruaz a reçu le soutien du Conseil international de la langue française (Cilf). Les deux organismes ont adopté une motion visant justement à simplifier l’accord du participe passé.

L’objectif actuel est de faire prendre conscience aux usagers que ces modifications sont possibles, qu’elles permettent d’écarter des règles qui n’ont pas de raison d’être et qui compliquent inutilement les processus d’acquisition et le travail des enseignants. L’orthographe française s’orientera, alors, à plus ou moins long terme, dans le sens d’une plus grande logique », précise le site internet dédié, reformeduparticipepasse.com.

Dans cette motion, Erofa et le Cifl soumettent trois propositions aux Autorités gouvernementales et aux Instances de la Francophonie. « D’abord, que les participes passés employés sans auxiliaire et ceux conjugués avec l’auxiliaire être s’accordent avec le mot ou la suite de mots que l’on trouve à l’aide de la question : « Qui ou qu’est-ce qui est (n’est pas) ? ».
Ensuite, que les participes passés des verbes pronominaux puissent s’accorder avec le mot ou la suite de mots que l’on trouve à l’aide de la question : « Qui ou qu’est-ce qui s’est (ne s’est pas) ? », augmentée des éventuels compléments du verbe.
Enfin, que les participes passés conjugués avec l’auxiliaire avoir puissent s’écrire dans tous les cas au masculin singulier. »
En clair, l’idée est de rendre invariable le participe passé après l’auxiliaire avoir et de l’accorder après le verbe être.

Les internautes appelés à donner leur avis

La question de la simplification de l’orthographe se pose régulièrement et depuis 1990, l’Académie française recommande de nouvelles règles. Il n’est donc pas impossible que les propositions d’Erofa et du Cilf trouvent un écho favorable, un jour, auprès des élus de l’Académie, les Immortels. Pour l’heure, Marc Wilmet, professeur de l’Université libre de Bruxelles, membre de l’Académie royale de Langue et de Littérature françaises et prix Francqui 1986, apporte déjà son soutien au linguiste ébroïcien, Claude Gruaz.

Face à cette situation, plusieurs linguistes ont décidé qu’il était de leur devoir d’intervenir. Leur conviction est qu’une nouvelle logique grammaticale s’installe. Si les Autorités décidaient de la permettre officiellement, non seulement la langue française n’y perdrait rien, mais le temps économisé à l’école pourrait être mis au service d’objectifs plus utiles », estime-t-il.

Les internautes sont par ailleurs appelés à voter pour ou contre la réforme du participe passé.

 

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau